Artisanat Mag 13 - page 10

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Il y a une trentaine d’années, l’apprentissage semblait être
fait spécialement pour accueillir celles et ceux qui échouaient
dans le système d’enseignement général, entre fin du primaire
et début du secondaire. « Si tu continues à avoir de mauvaises
notes, tu finiras en apprentissage ». Bienheureux ceux qui
ont substitué le verbe commencer au verbe finir… Ils font des
envieux. Y compris parmi les parents enseignants qui décrétaient
qu’ils ne verraient aucun inconvénient à ce que leurs enfants
choisissent ce parcours, tout en œuvrant discrètement pour
chercher d’autres orientations !
De réforme en réforme.
C’est donc que l’apprentissage a considérablement évolué
au fil du temps, en même temps que les métiers auxquels il
prépare ont connu une image revalorisée. Et plus encore
depuis que la plupart des métiers se préparent, hors artisanat,
par l’apprentissage ou par des modalités d’alternance. Peut-
être fallait-il que le système fasse ses preuves avant d’y avoir
recours aussi largement ?
Des réflexions sont en cours et pourraient déboucher sur des
réformes significatives de la part du gouvernement Ayrault,
concernant les formations en alternance.
Rappelons ici qu’il existe actuellement deux types de contrat
de cette nature : le contrat d’apprentissage (jusqu’à 25 ans)
et le contrat de professionnalisation qui, lui, ne comporte pas
de condition d’âge. La priorité serait désormais mise sur des
emplois d’avenir…
Il semblerait que trois pistes de travail soient évoquées.
L’une connaîtrait la fin du préapprentissage qui permet à un jeune
de 15 ans de découvrir les métiers par la voie de l’alternance.
L'objectif serait d’évacuer l’idée que des métiers manuels puissent
se dispenser de niveaux significatifs de connaissances. C’est
également cette question du niveau de formation qui pourrait
De menace, l’apprentissage est devenu
la voie privilégiée de la qualification
professionnelle. Beaucoup d’années se sont
écoulées et les modalités de mise en œuvre
de l’apprentissage oscillent pour réunir tous
les ingrédients de la réussite.
être remise à plat, à partir du constat d’une alternance qui
vaut surtout pour les diplômes du supérieur. Enfin, les démarches
administratives seraient simplifiées, favorisant pour les petites
entreprises l’accès à l’apprentissage.
Les propositions de réforme de l’ancien gouvernement, elles, visaient
à augmenter le nombre d’apprentis. D’aucuns suspectaient
que cette augmentation n’avait pour objet que de faire progresser
la manne de la taxe d’apprentissage qui rapporte chaque année
deux milliards d’euros sur lesquels seuls 48 % sont reversés aux
grandes écoles et aux universités qui dispensent les formations
en alternance. Il était prévu qu’une réforme porte à 4 % le quota
imposé aux entreprises de plus de 250 salariés, au lieu des 3 %
en vigueur, pendant que le « barème » bloquait à 960 millions
la rétrocession aux établissements formateurs.
Qu’adviendra-t-il entre ces deux visions, dans un contexte
économique perturbé, mais avec des certitudes partagées sur les
vertus de l’alternance ? Les enjeux se situeront vraisemblablement
dans la distribution des moyens réellement accordés aux
établissements ayant en charge la partie formation, en lien
avec ceux mis à la disposition des entreprises pour inciter ou
aider les initiatives d’intégration d’apprentis.
L’apprentissage
La voie de la qualification
professionnelle
Le statut de l’apprenti.
L’apprenti est, depuis peu, apprenti étudiant des
métiers. Il est donc titulaire d’une carte délivrée par
son centre de formation qui lui donne accès aux mêmes
avantages que la carte d’étudiant (notamment aux
tarifs réduits qui y sont liés). Les salaires versés aux
apprentis sont exonérés de l’impôt sur le revenu dans
la limite du montant annuel du SMIC, cette disposition
s’appliquant à l’apprenti ou au foyer fiscal auquel il est
rattaché. Les parents perçoivent les allocations familiales
jusqu’aux vingt ans de l’apprenti, tant que sa rémunération
n’excède pas 55 % du SMIC. Salarié de l’entreprise,
l’apprenti bénéficie des mêmes droits que tous les
autres salariés et il est soumis aux mêmes obligations.
La couverture sociale de l’apprenti étudiant des métiers est
similaire à celle des autres salariés dès 16 ans : affiliation
au régime général de la sécurité sociale, congés payés,
congés de maternité, droits ouverts à la retraite et aux
allocations de chômage, etc.
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