Artisanat Mag 13 - page 6

4
L’Artisanat & l’économie
Du corporatisme des guildes des métiers à la moderne entreprise
qui surfe sur la haute technologie, l’artisanat semble plus relié
à un concept qu’à une nomenclature figée.
Il faut entendre par artisan le chef d’entreprise indépendant
qui assure seul ou avec son conjoint la responsabilité de
l’ensemble des fonctions de l’entreprises : la production, la
gestion et la commercialisation. Le secteur de l’artisanat s’est
forgé une identité forte reposant sur l’affirmation de l’apprentissage
comme voie de qualification et sa vitalité l’inclut dans son
environnement, en perpétuelle adaptation aux mutations
économiques et sociales.
Depuis plus d’une vingtaine d’années, l’artisanat est revenu
sur le devant de la scène pour des raisons relativement
évidentes : il résiste, même avec certaines difficultés, à la crise
et correspond de plus en plus à une croissance de l’emploi
« différent » dans les services. C’est pour cette raison que les
Pouvoirs Publics affichent un intérêt particulier au développement
de ce secteur économique. Il reste à débusquer les bons leviers :
identification des parts de marchés, incidence sur l’activité
globale et sur l’emploi, place de l’artisanat dans l’aménagement
du territoire, perspectives à l’exportation…
La place de la qualification
La loi (juin 1996) impose une qualification aux responsables
d’entreprise qui revendiquent le titre d’artisan. On parle alors
d’activités réglementées, réalisées par des personnes qualifiées
ou sous leur contrôle effectif permanent. Au plan juridique,
l’entreprise artisanale se déclinera donc d’abord par l’exercice
d’un métier permanent prévu par la loi au Répertoire des
Métiers tenu par la Chambre de métiers et de l’artisanat. De
plus, d’une taille inférieure à 10 salariés, elle devra faire l’objet
d’une inscription à ce Répertoire des Métiers.
Le terme « artisan », façonné par l’histoire
économique et humaine, peut revêtir
plusieurs notions. Des éléments de définition
sont donnés dans une approche institutionnelle
liée à la structure de l’entreprise et aux
compétences requises. Elles sous entendent
des valeurs auxquelles les consommateurs
confirment leur attachement.
L’artisan
Qui est-il ?
Les prix de l’artisan.
Le prix de la confiance et
de la qualité
A force d’entendre qu’il est possible de faire moins
cher que l’artisan, on finirait par comprendre que l’ar-
tisan est trop cher ? C’est justement le raisonnement
qu’il faut contrer si nous voulons revenir à plus de rai-
son et à des relations saines et équilibrées. Le « moins
cher que pas cher » a atteint ses limites dans de nom-
breux secteurs de la consommation, faussant la notion
de « juste prix », faisant même penser que ce juste
prix relève de la rente de situation.
L’artisan, implanté dans son secteur géographique, est
très méticuleux dans ses propositions tarifaires, car il
sait qu’elles tiennent une place importante dans sa
relation avec ses clients. Sa réputation, son activité et
son organisation lui permettent de s’approvisionner
au près de ses fournisseurs dans les meilleures condi-
tions. Concernant son calcul de main d’œuvre il a plu-
tôt tendance « à ne pas tout compter » car il sait que
son client appréciera et lui fera de nouveau appel.
Alors, mieux vaut lui accorder notre confiance plutôt
que de nous laisser séduire par les sirènes de la solu-
tion non qualifiée, donc non garantie et très souvent
à hauts risques (travail dangereux, par exemple).
Pour en avoir le cœur net, rien n’empêche de sollici-
ter des devis et de les comparer en intégrant ces
quelques questions : quelles compétences profession-
nelles, quelle garantie et quelle assurance en matière
d’exécution et de suivi ?
1,2,3,4,5 7,8,9,10,11,12,13,14,15,16,...84
Powered by FlippingBook