Artisanat Mag 13 - page 7

5
L’Artisanat & l’économie
exemple, et de façon insidieuse, des groupes industriels qui
fabriquent des solutions intégrales adaptées à l’habitat.
Certains fabricants de portes, de fenêtres ou d’isolation,
s’improvisent poseurs à partir de compétences cooptées…
ou non.
Internet s’insinue dans ce processus avec, par exemple aussi,
ce site qui propose l’intervention à domicile d’un garagiste
capable d’évaluer le mal dont souffre un véhicule en panne,
de commander les pièces nécessaires au meilleur prix et d’en
faire effectuer la réparation, toujours au prix le plus bas (pour
mieux rémunérer le site en question).
Que cette proposition soit fiable ou non n’est pas la question.
C’est le message qui est utilisé qui est dangereux : il dit
clairement que le professionnel mécanicien automobile n’a
pas le temps de réaliser la réparation dans un délai suffisant,
qu’il peut se tromper dans son diagnostic (volontairement ?)
et qu’il ne cherchera pas à limiter le coût de son intervention !
Dès lors, toute faille dans le fonctionnement d’une entreprise
artisanale de ce secteur peut faire basculer le client dans
l’acquiescement à ce raisonnement…
Tel sera le défi de l’artisan d’aujourd’hui : maintenir sa position
dans l’identification de son savoir-faire et la promotion du
coût de son travail, qui doit devenir le garant de sa qualité.
Un premier pas vient d’être accompli grâce à l’initiative des
Chambres de métiers et de l’artisanat, avec la carte professionnelle.
Si ce cadre peut sembler contraignant aux yeux de certaines
initiatives, il demeure d’un des atouts fondamentaux de
l’artisanat français. Il permet, notamment, de poser clairement
les limites d’une concurrence effrénée née du travail au noir,
du recours aux dispositifs d’aide à la personne (le CESU, le
chèque emploi service universel, par exemple) ou de la
prolifération de l’auto-entreprise lorsqu’elle ne répond pas
aux critères admis par les Chambres de métiers et de l’artisanat.
Il en va de l’image de l’entreprise artisanale qui a pu subir
quelques assauts significatifs : une concurrence tarifaire
pénalisée par des inégalités de charges, des arguments erronés
pour distraire des marchés mal maîtrisés et, il faut le
reconnaître, des postures d’entreprises artisanales peu adaptées
à surmonter ces difficultés.
« Le nouveau match des artisans »
En améliorant tous les éléments de réponse à la question « Qui
est artisan ? », le secteur de l’artisanat sera en mesure de
relever le défi de mutations profondes et de changements de
comportement des consommateurs. Tel est le nouveau défi
de l’artisanat, comme le souligne avec pertinence Pascal Pellan
dans son dernier ouvrage « Le nouveau match des artisans ».
Il y décrit simplement et parfois avec humour les changements
de comportement adoptés par les consommateurs et examine
sans complaisance la façon dont l’entreprise artisanale peut
passer à côté de la chance qu’elle a de récupérer des parts
de marché. Il observe avec pertinence que la concurrence la
plus importante pour les artisans du bâtiment vient, par
Anticipant les difficultés rencontrées par les artisans mis
en concurrence avec des propositions non qualifiées, les
Chambres de métiers et de l’artisanat ont mis en service
une carte professionnelle d’artisan.
Cette carte, attribuée aux dirigeants d’entreprises artisanales
et à leurs conjoints collaborateurs, atteste de leur inscription
au Registre des Métiers. Pour la première fois, elles furent
distribuées aux artisans au cours du premier trimestre 2012
et elles seront systématiquement renouvelées annuellement.
Une garantie pour le consommateur
Lorsque l’artisan produit sa carte professionnelle, il indique
qu’il est reconnu, par son inscription au Répertoire des
Métiers, comme un professionnel de l’artisanat. Il présente
ainsi toute garantie de son savoir-faire et de la qualité de
son travail. Il atteste ainsi maîtriser les gestes professionnels,
la connaissance des conditions indispensables de sécurité
dans l’exécution du service ou du chantier demandé, dans
la fabrication ou la transformation d’une matière première.
De plus, il satisfait aux obligations de l’entreprise en matière
d’assurance.
L’ensemble de ces points le différencie totalement des
professionnels non déclarés et des « amateurs bénévoles
qui préfèrent être indemnisés en espèces pour ne pas être
en concurrence avec les professionnels dont le tarif est très
supérieur ! ».
La carte professionnelle a le format d’une carte de crédit
en PVC. Elle est non falsifiable et son recto est millésimé
aux couleurs du réseau des Chambre de métiers et de
l’artisanat. Elle peut arborer la lettre A-bleu pour Artisan
ou A-rouge pour Maître-Artisan. Un flash code renvoie à
un annuaire du réseau des chambres de métiers ainsi qu’à
des applications dédiées aux artisans.
La carte professionnelle
Un « pass » confiance
1,2,3,4,5,6 8,9,10,11,12,13,14,15,16,17,...84
Powered by FlippingBook