Artisanat Mag 17 - page 7

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L’Artisanat & l’économie
rythmes différents, pendant que le capitalisme industriel
s’installait.
Certains auteurs (B. Zarca, Économie rurale, 1985) proposent
une classification de ces métiers en trois catégories.
Les premiers sont ceux que l’industrie n’a pas vraiment
transformés au début du 20
ème
siècle. Ils sont exercés dans de
petites unités de production. Certains sont bien organisés sur
le plan patronal après que le syndicalisme a pris le relais des
anciennes organisations. On citera, par exemple, les métiers
de l’alimentation, de la coiffure ou les métiers ruraux (forge,
maréchalerie, charronnage). D’autres sont moins organisés :
petits métiers du travail du bois, du métal ou de la vannerie…
Une deuxième catégorie regroupe les métiers que l’industrie
transforme un peu : c’est par leurs marchés que s’opérera la
différence. Le bâtiment en est l’illustration, distinguant les
artisans et les entreprises générales de construction, par
exemple.
La troisième catégorie concerne les métiers que l’industrie a
bouleversés. Nouvelles machines, organisation du travail,
.../...
Le contexte d’une économie perturbée socialement et
économiquement favorise la création d’activités individuelles
qui, parfois, se revendiquent à tort de l’artisanat.
De nombreuses tentatives d’escroquerie pénalisent l’image
d’un secteur professionnel construit sur la proximité et la
confiance. Il est prudent de se souvenir de certains éléments
pour ne pas tomber dans le panneau du « je vous le fais
pour beaucoup moins cher ».
L’entreprise artisanale a pignon sur rue
Elle est connue du voisinage et affiche souvent son identité
sur ses véhicules. Dans tous les cas, elle est immatriculée au
Registre des métiers, ce qui est aisément vérifiable par un
simple appel au service concerné de la Chambre de métiers
et de l’artisanat du département concerné. En général,
l’entreprise artisanale est connue sur son territoire et ne
pratique pas de porte-à-porte pour proposer ses services.
C’est parce qu’elle communique sur des supports à
destination du public qu’elle est identifiable.
À ce titre, il est prudent de se méfier des offres spontanées,
comme celles qui proposent de nettoyer les façades et la
toiture ou de contrôler les charpentes. Ces métiers existent
et sont pratiqués par des professionnels qui justifient d’une
formation et garantissent leur travail. On les trouve dans
tous les annuaires d’entreprises.
Une proposition émanant d’une personne incapable
d’attester cette réalité est à suspecter d’emblée.
« Je vous le fais pour moins cher… »
Là aussi, à suspecter. L’entreprise artisanale a, effectivement,
toute liberté pour pratiquer les conditions qu’elle souhaite.
Toutefois, l’argument du « moins cher » doit inciter à la
prudence. Ce qui ne veut pas dire que le « plus cher » serait
automatiquement plus qualitatif. Mieux vaut faire établir un
devis qui permettra de comparer plusieurs propositions. Les
entreprises artisanales le font spontanément et gratuitement.
Des relations de confiance et de proximité font que la
fidélisation de la clientèle repose sur des tarifs justifiés et
explicités. La concurrence est un excellent stimulant à
condition de ne pas comparer des propositions qui n’offrent
pas les garanties de qualité, de service et de responsabilité
équivalentes.
Les services rendus sans être déclarés sont non seulement
illégaux mais lourds de conséquences en matière de
responsabilité pour l’acheteur : dégradation des biens
d’autrui, risques d’accidents…
Les conseils d’Artisanat Mag :
Reconnaître une entreprise artisanale
Photo :Artisanat Mag ©
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