Artisanat Mag 61 - page 8

6
L’ARTISANAT & L’ÉCONOMIE
Artisan, un métier ?
La question reste ouverte…
Une relation toute particulière s’établit avec la clientèle, qui
ne s’arrête pas au produit ou au service mais au professionnalisme
qui a permis de la satisfaire.
Ainsi l’entreprise artisanale n’est-elle pas uniquement identifiée
par son inscription au Répertoire des métiers, mais aussi et
surtout par la reconnaissance de son savoir-faire. L’adhésion
à la Chambre des métiers et de l’artisanat viendra consacrer
cette stature, car pour évoluer, l’entreprise artisanale –
individuelle et indépendante par nature –, a besoin de
s’appuyer sur la dynamique d’un réseau d’entraide.
Une disparité qui constitue une richesse
Si l’on retient les chiffres avancés de trois millions d’actifs qui
exercent 250 métiers répartis dans 510 activités, en y ajoutant
la disparité des implantations sur le territoire national, on
mesure la grande diversité des entreprises artisanales. Dans
ces conditions, quelles mesures globales pourraient-elles être
prises pour favoriser leur implantation et leur développement,
hormis des dispositions locales et temporaires ? Et puis,
l’entreprise artisanale attend-elle vraiment de l’extérieur ce
qu’elle ne trouverait pas en son sein ? C’est plus en termes
d’image, de proximité, de confiance et de sérieux qu’elle tirera
son épingle du jeu. C’est parce qu’elle évitera un positionnement
sur des créneaux déjà occupés par la production de série
qu’elle créera les conditions de son développement.
L’entreprise artisanale est soumise, comme toute autre entreprise,
aux lois du marché et de la concurrence ; dans ce contexte,
les artisans ont un atout maître, leur savoir-faire. Mais ils ont
le double handicap de le faire évoluer dans un environnement
économique qui ne leur accorde aucun avantage particulier.
Évidemment, 1,3 million de chefs d’entreprise, électoralement,
ça compte ! Mais qui sont ces entrepreneurs, pourquoi le
sont-ils, à quelles conditions le restent-ils et quel est leur état
d’esprit ? Sans réponse à ces questions, comment imaginer
les solutions institutionnelles qui permettraient d’encourager
leur activité.
L’entreprise artisanale,
une entreprise comme les autres
Il faut retenir que l’entreprise artisanale, identifiée par son
inscription au Répertoire des métiers, est une structure qui
ne dispose pas de statut particulier. Elle est soumise aux mêmes
règles financières et fiscales que toutes les entreprises, quel
que soit leur statut. Aucun avantage ne lui est accordé et
aucune pénalité n’entrave son activité. Alors, pourquoi tant
de considération en périodes électorales ?
Une transmission ancestrale
L’intérêt porté aux entreprises artisanales est vraisemblablement
un héritage de l’histoire, celle des métiers issus des corporations
médiévales gardiens des clés de l’évolution. Les hommes
deviennent « de métier » avant d’être artisans.
On peut, bien sûr, préférer devenir chef d’entreprise avant de
choisir son domaine d’activité, mais le chemin le plus traditionnel
est celui de l’apprentissage d’un savoir-faire qui ouvrira deux
voies : le salariat ou l’entreprenariat.
Toutefois, les reconversions vers l’artisanat ne sont pas rares
et de nouvelles vocations peuvent naître au fil du parcours
de vie : des études sans débouché, des projets non aboutis,
des envies d’exercer « pour son propre compte ».
Ce qui pourrait caractériser l’entreprise artisanale, c’est cet
état d’esprit de savoir-faire acquis, expérimenté et transmis.
L’artisanat est souvent courtisé et valorisé pendant les campagnes électorales : des effets
d’annonce… mais peu de décisions prises. Il est de bon ton de « favoriser l’artisanat »,
mais quelles sont les mesures qui pourraient être efficaces et pourquoi ?
Photo : Pixabay ©
1,2,3,4,5,6,7 9,10,11,12,13,14,15,16,17,18,...108
Powered by FlippingBook