Artisanat Mag 85 - page 7

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L’ARTISANAT & L’ÉCONOMIE
avant Jésus-Christ, Cicéron, comme Sénèque, étaient les
tenants d’une classe dirigeante supérieure, part infime de la
société romaine, qui se considérait comme l’humanité. Rien de
moins.
D’autres auteurs glorifiaient le travail, tel Pétrone, poète latin
du temps de Néron : «
C’est une grande chose que le travail.
Les gens du métier sortent avec les outils de leur état et ils
en sont fiers. Le tisserand, le teinturier, le scribe : tous sont
fiers de leur profession
».
C’est donc bien une vision de classe qui habillait les regards
portés sur les métiers sous l’Empire romain. En Grèce, les
distinctions sociales étaient moins affirmées et l’artisan fut
considéré comme un « héros secret de l’histoire grecque »
tant il était méritant mais méprisé et occulté (d’où le secret).
En Gaule, on constate une proportion de petits artisans libres
plus importante qu’ailleurs. Ils forment assez rapidement des
petites unités artisanales qui restent indépendantes des grands
propriétaires fonciers. C’est à cette époque que se formèrent
deux catégories d’artisans : l’artisanat de proximité et l’artisanat
de masse dédié aux produits fabriqués en série. Mais le travail
manuel reste méprisé au point que, en période de crise
démographique, un manque de main-d’œuvre se fait sentir.
Les concentrations « urbaines » favoriseront la mainmise de
l’État sur les artisans (comme sur les commerçants), mais, à
l’extérieur des cités, l’artisan libre faisait bonne figure face à
l’obscurantisme de l’esclavage et au capitalisme sauvage.
De l’APCMF à l’APCMA
La loi du 26 juillet 1925 inclut la faculté qu’ont les chambres
de métiers de « provoquer, par l’entremise de leurs présidents,
une entente sur les objets rentrant dans leurs attributions ».
En 1931 naît l’Assemblée des présidents des chambres de métiers
de France, l’APCMF. Huit présidents de chambre la composent
alors. À sa création, l’APCMF n’avait pas de caractère juridique
LE TITRE DE MAÎTRE ARTISAN
En s’immatriculant au répertoire des métiers, l’artisan
peut se prévaloir de la qualité d’artisan. Il lui faut être
titulaire d’un diplôme de niveau V dans le métier
exercé ou avoir une expérience professionnelle d’au
moins trois ans dans ce même métier.
Le titre de maître artisan est attribué par le président
de la chambre de métiers et de l’artisanat au chef
d’entreprise titulaire du brevet de maîtrise dans le
métier exercé. Ce titre peut également être accordé
par la commission régionale des qualifications, aux
personnes disposant d’un diplôme équivalent au
brevet de maîtrise, ou qui sont immatriculées au
répertoire des métiers depuis au moins dix ans et
justifient d’un savoir-faire reconnu dans le cadre de
la promotion de l’artisanat ou d’une participation à
des actions de formation.
Depuis le 1er juin 2017, les personnes immatriculées
au répertoire des métiers pour une activité de
fabrication de plats à consommer sur place, qui ont
la qualité d’artisan et qui proposent des plats « faits
maison » peuvent également se prévaloir de la qualité
d’artisan cuisinier.
Photo : Pixabay ©
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